L’Éducation Nationale, un nouveau France Télécom?

Publié le par CGT Educ'action des Yvelines

 L’Éducation Nationale, un nouveau France Télécom?

Alors que  France Télécom  est mis en cause un harcèlement moral systématisé pour se débarrasser des derniers fonctionnaires avec 35 suicides en 2008-2009, on peut se demander si l’Éducation nationale ne sera pas un jour devant la justice pour les conditions de travail pathogènes qu'elle impose à ses personnels.

           Les enseignants du 1er et du 2e degré sont la catégorie de cadre la plus touchée par les risques psychosociaux selon une étude de la DARES (ministère du travail) de 2017 notamment à cause d'un manque de soutien de la hiérarchie . Derrière ce mot compliqué se cache des conditions de travail pathogènes aboutissant au burn out, à la dépression, aux maladies cardio-vasculaires et parfois même au suicide. Cela résonne avec le geste de Jean Willot, mort justement d'un manque de soutien de sa hiérarchie. Des chiffres fiables sur l'ampleur du suicide dans l’Éducation nationale n'existent pas avec des estimations assez hétérogènes, de 49/100000 à 6/100000, preuve que ce sujet est encore tabou dans notre institution.

           On est loin des discours de M. Blanquer sur sa confiance en la parole de l'enseignant et de l'indignation politique soulevée par #pasdevagues où les collègues ont commencé à parler de ce qui se passait vraiment dans leurs établissements. En tant que syndicat, nous sommes témoins de la détresse enseignante avec des insultes proférées par un chef d'établissement à l'égard d'un collègue dans le huis clos de son bureau, des commentaires déplacés d'un inspecteur jetés à la tête d'une stagiaire sur son physique toujours sans témoin, des inspections punitives qui existent encore même avec le PPCR...

        Fait rarissime, la CGT a réussi à faire condamner la DASEN de Rouen qui a refusé par deux fois de diligenter une enquête pourtant votée par le CHSCT sur la tentative de suicide d'un professeur dans la cour de son établissement pour ne pas que celui-ci soit reconnu en accident de service. Ne devrait-on pas attaquer notre employeur en justice , comme France Télécom, quand son incurie conduit à nous mettre en danger? Il faut que ça cesse!

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