La réforme Blanquer ou l'école de la méfiance: connaissez-vous les établissements publics des savoirs fondamentaux ?

Publié le par CGT Educ'action des Yvelines

#ecoledusocle , #loiblanquer , #EPSF

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          Au terme de la séance du 15 février 2019, l'article 6 de la loi Blanquer a été adopté par 35 députés pour et 7 contre (rappelons que nous avons 577 députés en temps normal) créant les établissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF). Ces établissements sont le regroupement administratif d'un collège avec les écoles primaires qui l'entourent. Ces dernières n'auront plus de fonctionnement indépendant mais seront sous l'autorité unique du principal du collège avec une délégation d'autorité à un ou plusieurs directeurs adjoints issus du corps du PE (professeur des écoles) selon le nombre d'écoles dans ce regroupement.

Comment sont formés les EPSF?

         Par arrêté préfectoral, c'est une décision conjointe de l’État et des collectivités locales après avis de l’Éducation nationale sans consultation des personnels ni de leurs représentants. "Si l'école du socle a jusque là été présentée à propos des écoles rurales, les EPSF ciblent toutes les écoles y compris urbaines."

Quid des directeurs d'école?

          leur sort est incertain, d'un simple PE référent chargé d'ouvrir les portes dans les écoles primaires inclus dans les EPSF à un corps à part entière des directeurs d'école dans les établissements de plus de 10 classes (idée qui a été abandonné lors du vote de la loi). Le directeur adjoint en charge des professeurs des écoles sera originaire du corps des PE mais fera parti du corps des personnels de direction par concours.

Pourquoi nous opposons-nous aux EPSF?

        Celles-ci ne sont qu'une énième tentative de faire des économies d'échelle sur les décharges de directeur  et de concentrer les écoles ( 46,6% des écoles primaires publiques comportent actuellement de deux à quatre classes) aboutissant à des fermetures et contraignant les élèves (maintenant dés 3 ans) à de longs déplacements.

        C'est encore une fois une volonté de mettre au pas les professeurs des écoles. Le directeur d'école n'est qu'un PE parmi les autres au sein d'un conseil d'école où chacun peut s'exprimer. La mise sous tutelle par le collège met fin à une organisation au plus prés de la réalité du terrain pour une bureaucratie inepte et probablement inefficace. La méfiance vis à vis des PE teinte ce texte. La preuve est que les professeurs des écoles devront continuer à se déclarer à l'avance gréviste contrairement à leurs homologues du secondaire au sein du même EPSF.

 

Publié dans Actualité, 1er degré

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lycéeenpéril77 27/03/2019 11:46

TOUT semble indiquer que cette réforme (assez compliquée)soit une usine à gaz,la réforme inutile de trop risquant de provoquer une sévère fronde d’une communauté éducative déjà mal traitée.Le gouvernement entend imposer de façon autoritaire (LBD + gardes à vue + répression administrative)un lycée appauvri,au rabais sans aucune concertation avec les personnels éducatifs.Le principal effet de cette réforme néolibérale,particulièrement néfaste (probablement la pire depuis des décennies)sera une amplification des inégalités socio-spatiales dans notre pays.Cette réforme bâclée,peu réfléchie dont le contenu est particulièrement OPAQUE s'annonce donc comme un affaiblissement substantiel de notre système public d’enseignement.En réalité cette réforme est le prolongement logique de « Parcoursup » et de sa sélection ubuesque.Quand les Français,les familles françaises vont comprendre les effets concrets de ces bouleversements malfaisants & injustes (= tri socio-spatial)de la « réforme Blanquer » la contestation sera d'ampleur.